
Depuis quelques temps, les stars, entendez par là les hommes du cinéma en particulier, sont devenus mannequins. Nombreux sont ceux, qui, en plus de leur activité cinématographique, posent pour des campagnes diverses, toutes ayant pour dénominateur commun : le luxe.
Le dernier en date, Jude Law, prêtera son physique à Dior pour être l'égérie de son prochain parfum, lancé à la rentrée prochaine. C'est la première fois que la maison de parfums fait appel à une personnalité et non à un mannequin. Signe des temps ?
D'après certaines sources, l'utilisation de stars qui n'ont « rien à prouver », car nous les connaissons déjà, sert la marque. Un acteur de cinéma américain, « belle gueule » et ayant bonne presse serait donc un véritable accélérateur de notoriété pour un produit. De plus, les clients en quête d'authenticité sont séduits par ce « témoignage », plus parlant que l'image d'un modèle ne racontant qu'une histoire irréelle. Il est en effet clair que les mannequins n'offrent pas de « surface projective » aussi grande que celle d'un acteur dont on connaît la vie, les valeurs et parfois mêmes les histoires de coeur.
L'identification à la star et l'acceptation du produit sont donc plus aisés lorsque le consommateur a une aspérité à laquelle s'accrocher. Enfin, si la star transmet des valeurs semblables ou complémentaires à celles de la marque, la campagne est presque assurée de remplir ses objectifs. A titre d'exemple, la réussite de la campagne de publicité « what else » de Nespresso tient au fait qu'elle ne dit pas « en achetant une machine Nespresso, vous serez Georges » mais plutôt « nos qualités sont sobriété, savoir-faire et classe, en d'autres termes comme Georges... »
C'est pour cela qu'il semble plus adéquat de parler d'ambassadeur de marques et non pas de mannequins. Ces ambassadeurs incarnent alors le concept ; ici celui de l'Homme viril, quarantenaire et dont l'image (connue) assoit la crédibilité du message. Ainsi, tout en ayant un vécu dans le domaine, un background, un pilote de ligne diplômé a plus de chance de faire parler de la marque qu'il représente au salon du Bourget surtout s'il se nomme John Travolta...
Les nouvelles égéries des grandes marques, à milles lieues des figures lissées, androgynes, et sans aspérités, font autant parler de la marque qu'elles l'incarnent, au sens premier,c'est à dire celle de revêtir une forme humaine, avec ses défauts et ses qualités, ses histoires et son passé. C'est sûrement pour cela que les acteurs choisis (on pourrait aussi citer Patrick Dempsey) sont tous des acteurs aux traits virils certes, mais pas parfaits, en d'autres termes... humains, mais connus.